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Treichville, la force tranquille

Ma relation avec Treichville

J’y suis née et y ai passé toute mon adolescence.

Entre le calme de ma cité et le bouillonnement en dehors, sur la grande rue 38, j’ai au fil des années développé un attachement pour Treichville. Sa modeste apparence trompe encore beaucoup de personnes enclines aux préjugées. Mais moi je la connais et je sais ce qu’elle vaut. Pourtant, je n’ai pas toujours été fière de cette commune. Populaire, modeste, entre cours communes et immeubles, elle n’est clairement pas un quartier résidentiel.

Il y a eu des jours où, face aux railleries des camarades des banlieues chics d’Abidjan (Cocody ou Bietry), je balançais avec humour « Je suis dans Treichville, mais je ne suis pas de Treichville ». Comme si cela me grandissait, me rendait meilleure que ces personnes qui s’y plaisaient et ne se posaient même pas la question de savoir en quoi habiter Treichville relevait d’un concept risible.

Mais cette vision a très vite changé. En dehors des villes de Dabou et Bondoukou (Un jour je vous en parlerai), c’est à Treichville que j’ai vécu mes plus belles expériences. Ce lieu correspond assez à ma personnalité. En fait il a même sa part dans la personnalité que je me suis construite. Pas de prise de tête et beaucoup de spontanéité. Ici on se permet d’être familier.

C’est à Treichville que j’ai été formée par les meilleurs professeurs du Collège Saint Jean Bosco, que j’ai reçu le plus de reconnaissance, entre prix scolaires et prix communal. Avant Saint Jean Bosco, j’ai rencontré des professeurs sympathiques et très proches de leurs élèves au Lycée Moderne. Je me suis faite des amis chaleureux et authentiques dans les mêmes écoles. C'est aussi au Lycée moderne que j'ai vraiment appris le système D (débrouillardise). 

Le Lycée moderne. Photo : Weblogy

Inclassables

On n’enferme pas le treichvillois dans une case. Il n’y a pas de treichvillois type. D’ailleurs vous ne verrez presque jamais de blagues sur lui, ce genre de blagues qu’on entend souvent sur les habitants d’Abobo, de Yopougon ou de Cocody.

 

La force tranquille

On dit de la commune de Treichville qu’elle est la plus petite de la ville d’Abidjan. C’est en tout cas la mieux découpée et la plus homogène de par sa population. Treichville est spéciale, mais aussi sous-estimée. Parfois réduit au statut de simple quartier-dortoir, la cité est pourtant une belle et riche mosaïque, autant de ressources que de cultures.

Tout est à Treichville. Les restaurants sophistiqués comme l’Aboussouan, ou la gastronomie de proximité comme La Terranga. Mais c'est du Shoukouya que je raffole (Fumé de viande). On en trouve à la plupart des coins de rues, parfois même dans les avenues. Il y a aussi le grand marché sur la rue 12. C'un carrefour d’approvisionnement pour le tout Abidjan. Accessible, propre, et organisé, il est naturellement préféré par les ménagères, qu’elles viennent des quartiers huppés ou des plus défavorisés. Les prix sont abordables et l’offre est diversifiée. La notion de diversité, parlons-en !

Treichville en est l’illustration parfaite. On ne l’appelle pas « La cité Nzassa » pour rien*. Elle abrite, au sein de ses avenues, des représentants des pays membres la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Sénégalais, Ghanéens, Nigérians, Maliens… Ils vivent là depuis plusieurs générations. Ils contribuent à la richesse de la commune à travers leurs activités pour la plupart informelles (Artisanat, restauration, petit métiers divers…) mais particulièrement lucratives.

L’harmonie qui subsiste entre toutes ces communautés a réussi à faire de Treichville un endroit où il fait bon vivre. La vie y est simple et pratique. Vous avez les meilleurs couturiers et les meilleurs fournisseurs de textiles, des cordonneries modernes pour la confection de chaussures sur mesure, des espaces de divertissement et d'instruction à l’image de la médiathèque, du Palais de la Culture, et du Palais des sports.

Le grand marché (Rue 12). Photo : Tripinafrica

 Treichville est également le lieu des bonnes affaires avec la gare de Bassam où pullulent des boutiques de fournitures électroniques et informatiques. Mieux, c’est un pôle stratégique de l’économie ivoirienne avec la présence du Port Autonome d’Abidjan, des  sièges de Total, Toyota Cfao Motors, NSIA Banque, Bolloré Africa Logistics, Sitarail, Eburnie, Solibra, ou encore VMK.

Tous ces atouts démontrent non pas le potentiel de Treichville, mais sa force effective. C’est un véritable exemple de richesse dans la diversité autant dans l’humain que dans le matériel.

Bon, question "Night clubs", on n'est pas vernis. Il y a plus de petits maquis et bars de quartier. Les riverains préfèrent d'ailleurs regarder du côté de Marcory la voisine quand ils ont envie de sortir danser.

NB : Je n'ai pas trouvé le temps pour un shooting de la commune, mais je me ratrapperai plus tard, sur un autre sujet y relatif.

Photo à la une : Panoramio

 

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