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Petite frustration pour débuter la semaine !

Le 3 mai, nous annoncions sur les réseaux sociaux du webzine www.culturiche.com que Laeila Adjovi remportait le grand prix de la Biennale des Arts contemporains à Dakar. Nous annoncions aussi que ce prix était accompagné de la somme de 20 millions de Francs CFA. 140 partages, 235 likes, 26340 vues plus tard, l'information circulait avec enthousiasme. La photographe béninoise fait un travail remarquable que j'avais d'ailleurs découvert quelques mois auparavant à l'occasion de la Foire AKAA à Paris. 

La frustration

La frustration est arrivée au milieu de la quinzaine de commentaires en réponse à notre publication. Je ne l'ai vu que deux jours plus tard, ce lundi 7 mai. C'était un homme. Avant de féliciter l'artiste, il a tenu à nous "rappeler à l'ordre". Ses termes étaient clairs, certes simples, mais ont sonné aggressifs à l'intérieur de moi. Je le paraphrase vu que j'ai supprimé son commentaire avant de penser à partager l'épisode :

"Arrêtez de gonfler les chiffres svp. Ce n'est pas sérieux. C'est plutôt 10 millions."

Mon coeur a fait un bond. Pour un média, il n'y a pas situation plus embarrassante voire décrédibilisante que la désinformation affichée et dénoncée. J'ai alors vite fait de supprimer le commentaire, de retirer la mention des 20 millions avant de contacter mes sources sur place. Le fait est que l'internaute appuyait ces propos avec une source. C'est un média d'autorité, bien établi, incontournable sur l'actualité africaine. Après une petite investigation il s'est avéré que le média s'était trompé. Tout le monde fait des erreurs, et au final ce sont des êtres humains qui sont derrière la machine. Donc non, nous n'avions pas fait dans la désinformation. Ouf...

Je me suis vexée toute seule pendant cinq minutes. Pourquoi a t-il automatiquement remis en cause notre information ? Pourquoi n'a t-il pas fait l'effort de vérifier avec un troisième ou même un quatrième média avant de juger que c'était nous le problème ? Ne sommes nous pas assez crédibles ? C'est ça ? Mais au fond, j'avais ma réponse. Je chialais juste un peu. La réaction de l'internaute était normal. Un ami qui travaille dans le marketing et la pub m'a dit "C'est comme ça que le cerveau fonctionne", une aînée dans la promotion de la culture en Afrique, a dit que "c'est ça le problème avec la notion de marque".

La réflexion

C'est bien la première fois que cela nous arrive, mais ça frappe. Peut-être que pour certains il ne s'agit que d'un détail, mais quand on a une vision très grande pour son média, ce n'est pas anodin. J'ai alors mené une reflexion. J'avais déjà parlé de l'importance de développer une marque avec son webzine dans un article. J'avais parlé d'identité visuelle, de ligne éditoriale, de visibilité en dehors d'internet. Je crois que sur ces points nous nous en sortons bien. J'ai conscience qu'il faut cependant du temps pour que nous arrivions à nous imposer en tant que média d'autorité. En fait, mon problème ici, est que j'ai tout de suite oublié le facteur temps, et d'autres encore :

La crédibilité ne se fonde pas seulement sur un contenu de qualité, mais aussi sur le marketing de la marque.

Il faut se faire remarquer en se démarquant. C'est ce que me disait un ami.

Développer une marque, ça demande de la structuration et un point de vue tranché, audacieux sur le monde. Il faut prendre le business case d'une petite marque qui a bien évolué

En attendant, je ne dois pas  tout remettre en question parce qu'un devancier de plusieurs dizaines d'années a plus de poids que www.culturiche.com. C'est  normal. L'idéal serait de s'en inspirer, observer le parcours, s'en rapprocher même.

J'ai plein d'idées, de projets destinés à renforcer www.culturiche.com. Mais je sais qu'il faut du temps, du temps pendant lequel nous aurions quelques fois ce type d'épisodes. Mais ça m'a touchée sur le coup deh ! Rires...

Avez vous déjà fait face à ce type de situation et comment l'avez vous managé ?

Normal

2 Comments - Petite frustration pour débuter la semaine !

nasser_eddy@hot... (non vérifié) May 08, 2018

Répondre
Ce que tu as rencontré est parfaitement normal, tout comme ta réaction, et tout comme ton approche de la chose. Développer une marque, un label respecté, demande du temps et du boulot derrière pour devenir crédible. On est en Afrique, et malheureusement, l'habit fait le moine. On respecte davantage les médias (ou tout autre entreprise) qui se fait voir, qui fait sa pub, qui communique beaucoup sur son image, qui a un bon développement marketing. C'est pareil pour moi par exemple dans mon domaine (l'industrie vestimentaire, dont la chaussure), les gens on tendance à dévaloriser nos produits au profit des produits Européens, supposés plus luxueux, plus résistants, etc, alors qu'au fond, c'est totalement faux. On (toi comme moi comme plein d'autres) a du mal à se faire respecter et à faire respecter notre entreprise en Afrique. Ca colle avec la mentalité d'ici. Mais ça viendra.

orphelie May 08, 2018

Répondre
Tu as tout compris. On doit travailler sur l'image en ayant une signature particulière dans le langage et la touche aussi, afin de se démarquer. Mais quoiqu'il en soit, c'est toujours une question de temps. Patience et travail.

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