Vous êtes ici

#Kinshasa 2 : Un tourisme recherché et goûteux

A la base, j'avais pensé à un titre plus général : Un tourisme particulier. Et puis j'ai  préféré faire simple parce que j'ai déjà eu assez de mal à rédiger ce deuxième article sur mes vacances à Kinshasa. Pas par ennui, mais pas manque de temps. Je me dévouais à d'autres priorités. Mais je n'avais pas oublié Kinshasa. Comment oublier d'ailleurs...

Je vous disais dans le premier article que je n'avais pas eu la sensation de dépaysement que je recherchais en venant dans la capitale de la République démocratique du Congo. Moi je me disais que je ferais du tourisme, que je découvrirais des lieux typiques de la ville, le genre qu'on ne voit nulle part. Mais au bout de trois jours, je restais encore sur ma fin. Niveau confort, c'était le top, rien à redire. J'étais à Gombe, quartier chic et sûr. Le climat était doux à cette période d'août en plus.  Mais le paysage avec ses routes, ses spots, et ses quartiers, me rappelaient un peu trop Abidjan. Je voulais des escapades, des histoires, des rencontres du coin. Et c'est arrivé...

Le Ntaba et son Chikwang

Un tourisme goûteux

Cette sensation tant espérée est arrivée dans mon assiette. Une assiette de Ntaba (chêvre) braisé au feu de bois dans les libandas (maquis). Mais quel délice ! Autant de mois après, je me remémore en salivant le goût de ce met prisé par les congolais. Le Ntaba est tendre, juteux, relevé avec des épices, agrémenté avec ses oignons cuits, et accompagné du Chikwang (pâte de manioc) . C'est Laeticia Lokoua, chanteuse, et son manager qui ont eu la gentillesse de me faire découvrir cette merveille. Jai même fait un take away pour la maison.

Ntaba

La chêvre est déshabillé et nettoyé en public pour certainement plus de transparence

Kinshasa m'a mise dans sa poche avec sa gastronomie. J'ai parlé d'un "tourisme culinaire" insoupconné et renversant. Je ne saurais tarir de superlatifs positifs sur le sujet. En dehors du Ntaba, il y a eu le Makemba accompagné de sa soupe de chèvre et du Bi tékou tékou (sauce feuilles). Le Makemba en fait c'est l'alloco de la Côte d'Ivoire, mais très grande taille quoi ! Il est tout terrain. Je l'ai commandé avec du poussin braisé. Je n'avais jamais mangé de poussin braisé. J'étais même un peu hésitante, limite gênée de manger une bête qui n'avait pas eu la chance de connaître un peu la vie... Mais curiosité oblige, j'ai cédé. Et figurez vous qu'il y a une véritable différence avec le poulet. Le poussin est plus tendre, le jus ou la marinade y pénètre bien. La saveur est donc plus marqué, le découpage plus agréable.

Le poussin braisé (adolescent non ?)

Enfin il y a le Liboké... Ah Maman na ngaï ! Il est follement doux. C'est du poisson fraîchement pêché, mariné aux épices et emballé dans des feuilles avant d'être fumé. De notoriété, c'est Kinkolé, village de pêcheurs, qu'on fait les meilleurs libokés. Ecrire sur tout ça est très dur pour moi, si frustrant parce que j'aimerais y revenir. Je suis toujours à la recherche d'un bon resto congolais à Abidjan d'ailleurs.

Un tourisme recherché

Recherché parce que finalement il faut un peu creuser pour trouver des endroits typiques et symboliques. Ce n'est pas ce qui manque en RDC, mais à Kinshasa c'était différent. Mes quelques contacts congolais m'avouaient au final qu'il n'y avait pas tellement à découvrir. Cependant j'ai eu gain de cause à force d'entêtement.

Grâce à Filip avec qui j'ai passé toute une journée à me promener dans la ville, j'ai pu visiter l'Institut des Musées nationaux du Congo. J'étais vraiment loin de m'imaginer me retrouver dans un domaine aux allures de parc quand nous avons passé la grille. L'endroit est vert, goudronnée, propres. Vous y trouverez des monuments historiques dont la fameuse statue du roi Léopold déplacée de la place de la gare centrale à Gombe. A l'intérieur, il y a aussi le mont Ngaliema où se trouve l'amphithéâtre de la verdure. C'est un espace qui accueille des événements culturels. La cour enn elle même est un musée avec ses sculptures, en dehors même des salles d'exposition.

Mais plus que tout, c'est le parc Lola ya Bonobo qui restera le plus bel endroit que j'aurais découvert lors de mon voyage. C'est tonton Simon Mukalay qui m'y a conduit avec une copine abidjanaise de passage. Le parc est situé dans la périphérie de Kinshasa, à environ une heure de route (parfois plus). Après avoir passé une petite brousse, nous y arrivons. 

Le parc Lola Ya bonobo - qui signifie le paradis des bonobos - est un refuge pour une espèce de singes protégée par les conventions internationales car exposée à une surexploitation. Ces animaux sont receuillis au parc dans des conditions naturelles et agréables. C'est 30 hectares de verdure et d'eau. Enorme  et exemplaire !

A l'intérieur du Parc Lola ya Bonobo

L'endroit a été amenagé avec soin et créativité. Un paysage digne d'un pateau de tournage de blockbuster s'offre à nous aussitôt que nous y pénétrons. Nous sommes briefés voire édifiés par les guides qui nous expliquent pourquoi il est important de protéger l'espèce en voie de disparition, et comment le faire. J'ai retenu deux types d'agressions vis à vis de ces bêtes : La domestication et le trafic. 

Après cette étape nous pouvons enfin visiter le parc. Il est immense et plein de recoins pensés pour le bien être des singes. Il y a une mare, une forêt aux grands arbres où ils se balancent, des dortoirs, des terrains de jeu... Des femmes appelés les mamans des Bonobos "adoptent" les nouveaux venus qui reçoivent leur lait régulièrement avant de s'intégrer au groupe. Les bonobos sont gentils, un peu surexcités, joueurs et taquins, mais c'est vraiment plus rigolos qu'intimidant. Mais leur truc, c'est définitivement le sexe. Ils copulent toute les cinq (5) minutes. Un des guides nous raconte que la femelle utilise le sexe pour apaiser les éventuels tensions dans le groupe. On en a bien ri en se disant "pas bête ! "

Au delà de sa destination écologique, c'est une émanation de la richesse naturelle du Congo. J'ai été séduite par le côte artistique de l'aménagement.

J'ai aussi visité le marché artisanal à Gombe où vous pouvez trouvez des créations artisanales propres au Congo, comme la Kuba. C'est un chapeau traditionnel de notable. Aussi, de mon balcon je pouvais admirer la paroisse Sainte-Anne, construction datant de 1914 avec une architecture bien de l'époque et un entretien remarquable. 

La kuba sur la tête

Enfin, je n'ai pas manqué à un impératif : Voir le fameux village Molokaï. 

À Kalamu, j'ai été dans le quartier de Matonge, là où se trouve le village Molokaï de Feu Papa Wemba. Le village s'étend sur 5 avenues. J'ai vite fait le tour de la première résidence du roi de la sape, cette maison où ses trois premiers enfants sont nés. Ici il répétait souvent avec ses musiciens. Deux sculptures (Une en argile à l'entrée et l'autre en ferraille à l'intérieur) rappellent un geste fétiche de la légende de la Rumba sur scène. C'est un peu intimidée, non pas par le bâtiment modeste, mais pas la grande histoire de son rédacteur qui y a débuté, que j'ai laissé un mot dans le livre d'or. La première pierre d'un monument à l'effigie de Papa Wemba a été posé pas loin.

J'avoue avoir eu une petite déception. Je m'attendais à quelque chose de plus "particulier". Au contraire je me suis retrouvée dans une cour familiale, certes chaleureuse, mais assez banale, avec une petite sculpture en feraille de Papa Wemba. J'ai été affligée à la vue de la place où est prévu la conception d'un monument en hommage à l'artiste. Des ordures ci et là... Il aurait été préférable d'attendre d'être prêt avant de poser une première pierre.

La paroisse Sainte Anne

Normal

Laisser un commentaire


CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
6 + 0 =
Trouvez la solution de ce problème mathématique simple et saisissez le résultat. Par exemple, pour 1 + 3, saisissez 4.

Tweets

C'est ce qu'on appelle une offre excitante pour story tellers curieux et dynamiques. Faites passer le message ! Cc… https://t.co/g9G90QxxOh
Orphelie (Yesterday)
RT @MylneFlicka: #Team225 @OrphelieThalmas #Team221 @ibukandjoli #Team237 @ChouchouMpacko Ça peut intéresser des jeunes autour de vous…
Orphelie (Yesterday)
@MylneFlicka @ibukandjoli @ChouchouMpacko Merci @MylneFlicka ! 👌
Orphelie (Yesterday)
RT @culturiche: Exposition : L’homme descend du songe https://t.co/aHmNyBr8nf
Orphelie (Yesterday)
RT @culturiche: L’iphoneographe Bénédicte Kodjo expose Hôtel Emmanuel https://t.co/3yHYTetUfC
Orphelie (Yesterday)